Une esquisse élaborée sur un coin de table lors d’un rendez-vous au restaurant… et un projet validé entre le fromage et le dessert. Le programme était assez succinct, mais complexe à cause des nombreuses contraintes liées à la réalisation d’un bâtiment stockant des alcools de bouche. La première était la localisation à proximité d’un étang, sur un terrain presque impropre à la construction. La deuxièm, était le volume de stockage nécessaire pour une optimisation financière des espaces crées. Il y avait aussi une contrainte esthétique : le client souhaitait avoir un bâtiment original reflétant son activité de vigneron. Sans oublier l’exigence règlementaire, qui impose la réalisation d’un sarcophage en parpaing coupe-feu et la désolidarisation de la charpente.
La principale innovation du projet est le choix d’une enveloppe extérieure en terre crue pour un bâtiment recevant des alcools de bouche. Il existe déjà en Europe plusieurs chais vinicoles en pisé, mais pas de chai d’eau de vie. Au-delà de son caractère environnemental, la terre a des qualités de régulateur hygrothermique. Les murs, damé sur site, ont une épaisseur de 40 cm. Le mélange compacté a été reformulé à partir de terre de la sablière de Lexos, de gravier diorite grise et d’argile grise. Il a été mis en œuvre manuellement par une équipe de vingt personnes dessinant une chorégraphie ordonnée et précise. L’ensemble se veut brut, simple et efficace. Presque sacral !